Le 15 mars dernier est sorti le jeu video Shogun 2 Total War. Quel rapport entre un jeu video et notre pratique des arts martiaux, me direz-vous?
Sa conception et son contenu historique. Sa conception d'abord. Ce jeu n'est pas une simple performance de programmation. La beauté des images, les combats époustouflants et la crédibilité d'ensemble en font un jeu à part. Les performances techniques ont en effet permis la création de magnifiques images de synthèses qui sont, et c'est là tout l'intérêt, mises au service d'une certaine poésie. En outre, certaines choses ne peuvent pas être créées par image de synthèse. Ainsi la calligraphie qui titre le jeu a été exécuté par un vrai calligraphe japonais.
Pour découvrir son travail, http://www.totalwar.com/shogun2/videos puis rendez-vous page 3 sur la vidéo nommée “shodo”.
Pour découvrir son travail, http://www.totalwar.com/shogun2/videos puis rendez-vous page 3 sur la vidéo nommée “shodo”.
Les combats fantastiques ne sont pas non plus le fait du hasard. En effet, la British Kendo Association a apporté son concours comme on peut le voir dans la vidéo intitulée “Making of 2ème partie” (page 1) disponible à cette adresse : http://www.totalwar.com/shogun2/videos . Le détail des combats a été poussé très loin : les coups mortels dépendent de l'armure de l'adversaire. Le rendu est simplement stupéfiant: http://www.totalwar.com/shogun2/videos (page 2 vidéo “CGI”). Détail intéressant, les participants au stage d'armes de Cagnes-sur-Mer de février 2011 dirigé par Maître Maroteaux reconnaîtront une technique chère à notre école. Bon, vu le reste, on peut leur pardonner l'utilisation de la Tsuba de Musashi sur le samouraï rouge...
Je poursuivrai par le contenu historique. En effet, le jeu situe son histoire au XVIe siècle et plus particulièrement durant la période dite des provinces combattantes (par analogie à la période des royaumes combattants de la Chine antique). C'est durant cette période que s'illustra et mourut le célèbre bonze guerrier Takeda Shingen, fils du 24e Soke de l'école Takeda. Il ne sera jamais Soke car son père lui a préféré son frère cadet (même s’il prit le contrôle du clan en 1540). De plus, ce jeu a été fait en collaboration avec le professeur Turnbull, professeur associé à l'université d'Akita (Japon), assistant en études japonaises de l'université de Leeds (Angleterre) et auteur de près de 60 ouvrages sur le Japon et son histoire.
Enfin, ce jeu fut l'objet d'un dossier complet dans la revue Historia (mars 2011 n°771).
Cerise sur le gâteau, les écrans de chargement sont agrémentés de haïku et de citations de samouraï célèbres.
En conclusion, quand une maison d'édition de jeux vidéo produit un titre en ayant la conscience du détail, l'honnêteté intellectuelle de poser des questions à des spécialistes du ou des domaines, ce que l'on obtient n'est plus un simple jeu mais une invitation à la curiosité et à l'apprentissage.
Bon jeu à tous
PS: dernier détail, la version de luxe est vendue avec une statuette de Takeda Shingen.