Il y a un mois se terminait le stage d'été animé par Maître Maroteaux au gymnase de Champfleury en Avignon. Ce stage d'une semaine, qui suivait le 5e Taïkaï, fut l'occasion d'un véritable échange. En effet, de nombreux pratiquants des délégations étrangères ont pu prolonger leur séjour. Cela a permis de renforcer les contacts établis durant le Taïkaï et d'apprendre encore plus les uns des autres. Ce stage était divisé, chaque jour, en deux cours d'une heure.
Le premier, dédié au combat à mains nues, suivait le même principe que le Taïkaï, c'est-à-dire que les leçons étaient dispensées par un chef instructeur d'un pays. C'est ainsi que Senseï Van Antwerpen (Belgique), Senseï Montes Leon (Cuba), Senseï Rastefano (Madagascar) et Senseï Mazouzi (Maroc) ont été mis une nouvelle fois à contribution pour notre plus grand plaisir. Senseï Camilleri (Malte) a complété la semaine. Ce fut l'occasion de travailler une partie de ce que ces experts nous avaient montré durant leur démonstration.
La seconde séance journalière, sous la direction de Maître Maroteaux, était dévolue aux armes : le bâton (Jodo) et le sabre (Iaïdo). Les cours de Jodo étaient essentiellement axés sur le Kata demandé au Shodan (ceinture noire, 1er dan). En outre, le Maître a présenté à la dizaine de pratiquants un certain nombre de parades et, le dernier jour, une impressionnante technique de moulinet d'une effroyable efficacité.
Au vu du grand nombre de pratiquants de Iaïdo, le Maître a décidé de scinder le cours en deux groupes : les Mudansha d'un côté (pratiquants n'étant pas du niveau Shodan) sous sa direction et les Yudansha de l'autre (pratiquants étant au minimum de niveau Shodan) sous la direction de Senseï Barnavol (4e dan Iaïdo). Le cours s'est articulé autour des Kata à deux : celui du Shodan pour les Mudansha et celui du Nidan (2ème dan) pour les Yudansha. Le Maître a tenu à rappeler que toutes les techniques de notre école sont incluses dans le Kata du Nidan, qu'il est donc important de travailler. Cependant, le niveau d'un pratiquant est jugé sur seulement deux techniques de base, et ce quelle que soit l'école à laquelle il appartient. Ces deux techniques, à travailler à chaque cours, sont Do Kiritsuke (frappe à plat à une main, de gauche à droite) et Shomen Kiri (frappe verticale à deux mains, de haut en bas). Simples en apparence, elles sont révélatrices du niveau de maîtrise.
Enfin, ce fut l'occasion de tester notre résistance physique de par la densité de ce stage ajoutée à la chaleur avignonnaise (excepté pour quelques amis cubains!).
Mais c'est une chaleur que nous avons retrouvée avec grand plaisir lors de nos "débriefings" journaliers autour d'une boisson fraîche. En effet, à un jet de pierre du gymnase, notre instinct nous a poussé jusqu'à la grande brasserie "Le Cintra"*. Autour de notre Senseï et avec des amis pratiquants rameutés pour l'occasion, nous refaisions le stage, nous partagions nos émotions tant et si bien que nous nous attardions pour un dîner de spécialités provençales succulentes et à la hauteur de nos appétits. Et c'est dans cette ambiance de bonne humeur partagée avec le personnel de la brasserie, que nous passions nombre de nos soirées, sûrs du travail du lendemain et de son réconfort à grand renfort d'éclats de rire.
C'est ainsi que s'acheva une grosse semaine riche en émotions. Nous avons appris, nous avons partagé et échangé. Il ne nous reste plus qu'à travailler nos arts martiaux qui, comme la bonne humeur, ne sont jamais acquis et toujours à entretenir.
*La grande Brasserie "Le Cintra", 44 cours Jean-Jaures – 84000 Avignon _ www.le-cintra.com