Le 18 décembre dernier, la Ligue de Lorraine et Associées Takeda-ryu Maroto-ha (LLATM) a organisé une expédition au musée du Quai Branly à Paris depuis Metz. Jusqu'au 29 janvier 2012, y est exposée une collection d'armures et d'éléments de protection de la période Kamakura jusqu'à la période Edo. Cinq Lorrains issus de l'Aïki-Club de Metz et de l'école Maroto-Ha d'Uckange ont répondu à l'appel. Profitant d'un soleil parisien inespéré, nous avons siroté un vin chaud, dernier vestige de la culture française avant de plonger dans le Japon en plein Paris.
Cette immersion a commencé par un excellent restaurant, le Kumitoraya, spécialisé dans les udon (grosses pâtes en soupe), rue St Anne. Puis est venu le temps d'aller à l'exposition. Nous avons pu, ainsi, tester nos vertus martiales en commençant par la patience. Après 1h15 de queue, nous accédâmes aux salles et... à l'émerveillement ! Le travail, la minutie et la fantaisie des armures sont époustouflantes ! Mais en même temps, la mobilité et leur apparente légèreté concourent à la fascination générale ! Cette riche exposition a permis de réunir des armures complètes (chevaux compris), fait rare en Europe. De plus, l'étalement dans le temps de ces armures nous a permis de toucher du doigt les différentes préoccupations esthétiques, symboliques et défensives qui ont amené des innovations étonnantes. Ainsi, un nombre impressionnant de casques s'est offert à notre examen, nous permettant d'apprécier entre autres l'influence des Nanbams "les barbares venus du sud", c'est-à-dire les premiers visiteurs européens : des Portugais échoués suite à une tempête.
Afin de garder l'intégrité du groupe, la course effrénée pour rejoindre le train au milieu de l'affluence parisienne fut exclue. Notre Zen fut aussi mis à rude épreuve alors que les minutes s'égrainaient dans le sous-sol parisien. Finalement, nous avons pu prendre notre train à temps, et, retournant chez nous, la tête encore quelque part au Japon, entourée de magnifiques armures.
Arnaud Cei-Saurel
